Jeudi 19 avril 2018


©Bernadète Bidaude

Co-organisation Cie Conte sur moi, Cie l’Arpette et Cie le Grain de Sable

> 20h

Entrée : participation libre

Récit de vie d’Elisabeth Eindenbenz conté par Bernadète Bidaude.

« C’est l’histoire de la maternité clandestine créée à Elne, en 1939, dans les Pyrénées-Orientales, par une Suissesse, pour permettre aux femmes espagnoles d’accoucher. Cette maternité a servi, jusqu’en 1945, aux femmes juives ou étrangères fuyant le nazisme. 600 bébés y ont vu le jour »

Bernadète Bidaude présente une sorte d’épopée, mythe fondateur d’une culture d’entraide et de tolérance. La qualité de son écriture, la densité des expressions et leur poésie laissent place à une profonde émotion.

Écriture/Jeu/Voix/Chant : Bernadéte Bidaude
Création Lumière : Jessy Ducatillon
Regard extérieur : Jean-Louis Cousseau
Régisseur de tournée : Philibert Lantiéri

Mots de spectateurs…Presse…Ce qu’ils en disent…

Pour ceux qui la connaissent, la manière de créer de Bernadète n’a pas changé. Elle transforme la vie en mots, les mots en vie. Les temps qui courent. Se souvenir et vivre. Ne pas oublier mais aller le chemin. Ni succomber à l’évocation de l’horreur, aux cauchemars sans cesse renouvelés, ni tout emmurer et se lancer dans l’insouciance comme si rien n’était arrivé. La conteuse transcende cela.  Elle dit la guerre, les morts, les ruines, elle dit la liberté entravée, mais avec ses mots, les images qu’elle fait jaillir, les questions qui jalonnent les dialogues, elle invente une histoire. Elle mêle tout cela dans l’intense poésie, elle fait voler les souvenirs dans l’azur lointain. Elle n’esquive pas la gravité mais elle la danse au son d’un petite musique qui vole à cloche-pied vers le paradis, celui du jeu de la marelle. Utopie et dérision. Elle fait revivre les débats qui nous assaillent tous : ne pas oublier, ne pas ressasser, vivre, transmettre. Comment ? Les temps courent. Et l’on retrouve la vie, la poésie, courir, chanter, danser, faire vibrer les mots et les images. Pour la maternité elle conte longuement l’histoire d’Alicia, couturière à Madrid et femme d’un « rouge », à travers le récit de Léa. La maternité, où une femme espagnole au lait généreux nourrissait les enfants juifs, revit par son évocation. Elle rend un vibrant hommage à Elisabeth Eidenbenz, qui sut, quand il le fallut, désobéir pour sauver des vies. Et la vie toujours la vie, les temps qui courent et Bernadète qui danse, légère, aérienne, passionnée.

Yvette Lucas - Publié le 13/10/2014 à 19:57 par leblogcultureldyl - Et sur le Journal Catalan

 

Un récit-spectacle bouleversant de Bernadète Bidaude
 Elle n’a pas son pareil pour raconter des histoires. Mieux elle les sublime. C’est le cas pour celle de la Maternité que, sans fausse modestie, je connais bien. Hier soir 23 juillet elle a réussi à me tirer des larmes, des rires, des souvenirs, pour moi son spectacle était une madeleine de Proust et visiblement pour les autres spectateurs aussi à voir les émotions qui submergeaient un public nombreux (hier la Maternité a fait le plein). La force des mots, des gestes, de la voix de Bernadète Bidaude au service de la « belle histoire » parle au cœur et à la tête, vous touche, vous emporte... Un petit bout de femme (pas bien plus grande et plus épaisse qu’Elisabeth) mais quelle puissance dans son récit, dans la manière de le dire et de le faire cheminer dans les différentes pièces du Château, devenu Maternité par la volonté d’une femme extraordinaire entre 1939 et 1944.
 Dans les murs, témoins des bonheurs, des joies mais aussi des malheurs vécus par les mères et les enfants de l’époque sous la houlette d’Elisabeth Eidenbenz, Bernadète Bidaude se livre, nous livre, une magnifique interprétation. Comme le disait l’un des participants « c’est un moment fort dans une vie, un moment dont on se souviendra toujours ».


Nicolas Garcia - ancien maire d’Elne